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En pièces détachées - Partie 2 : La Partie de Billard (S/J)

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Message  Alyss Jeu 19 Mai - 16:54

En pièces détachées
Partie 2 : La Partie de Billard
Auteur : Pink Rabbit Consortium Production (BITS AND PIECES)
Traducteur : Athena

En pièces détachées - Partie 2 : La Partie de Billard (S/J) Bp02ifthisispoolhowcomeicantgointhedeepend

Chapitre 1

"Hé bien, Carter, d'après vous, combien de temps s'écoulera avant que les femmes de P3X-593 ne brûlent leurs soutiens-gorge et voient les hommes de leur vie ?" Demanda Jack O'Neill en posant un pichet de bière sur la table. Bien sûr, il avait dit tout ça - comme à son habitude - sur un ton qui se situait quelque part entre la blague et le sarcasme, ce qui la plupart du temps laissait ses interlocuteurs dubitatifs. Il se glissa sur la banquette et commença à emplir les verres.

SG-1 revenait tout juste de P3X-593 ou le monde Anti-Steinem comme Jack l'avait gentiment surnommé, en référence à la journaliste américaine Gloria Steinem une féministe réputée. Il se rappela avec âcreté cette planète aux allures et à la culture quasi identique à celle de la Dynastie Mongole du moyen âge. Carter avait été kidnappée et on l'avait vendue en tant qu'esclave dans le harem du village voisin. Cependant, il était plutôt fier de la manière dont elle était parvenue à leur botter les fesses et à faire changer quelques lois. Encore quelques années, et les femmes de P3X-593 auraient probablement leur propre chapitre du N.O.W.¹ Ce qui n'était peut-être pas une si bonne chose tout compte fait.

Voilà pas si longtemps, une question comme celle-là aurait sans doute offusqué Sam, mais elle commençait à savoir comment s'y prendre avec lui, c'est pourquoi elle se contenta de hausser les épaules. "À bien y penser, probablement pas assez rapidement, monsieur." Elle trouvait que cela fonctionnait mieux quand elle donnait le change à O'Neill.



Daniel tiqua et s'étouffa presque avec sa gorgée de bière. Teal'c, de son côté, se contenta simplement d'étudier en silence ces nouvelles et étranges coutumes qu'avaient les Tau'ri.

Ils étaient dans un bar -- un bouge appelé Mike's Place -- juste à quelques kilomètres de la montagne Cheyenne. O'Neill et Teal'c occupaient la même banquette tandis que Carter et Jackson se partageaient l'autre. Après avoir terminé la séance de débriefing de leur précédente mission, ils avaient tous ressenti le besoin de se détendre un peu. Tous sauf Teal'c naturellement. Tout ce qu'il désirait, quant à lui, c'était l'opportunité d'examiner de plus près cette nouvelle société dans laquelle il vivait.

"Hé bien, vous avez probablement raison." Laissa échapper Jack sur le ton de la conversation "Mais je ne peux m'empêcher de penser que nous avons peut-être complètement bousillé l'âme de cette planète."

"Pourquoi est-ce que je ne suis pas étonnée?" Rétorqua Sam, sur un ton qui soutira à son supérieur un petit sourire.

"Ah, allons, Carter, vous devez admettre, que cet endroit avait un certain charme." Il cherchait clairement la bagarre maintenant. Toute cette affaire lui avait fichu une trouille bleue, et O'Neill évacuait le trop plein en fourrant quelques coups de pieds dans la fourmilière la plus près. Malheureusement, cette fois-ci, c'était Carter la reine des fourmis.

La blonde lâcha un soupir exaspéré et prit une longue gorgée de bière. "Si vous êtes un homme, je suppose que oui." Railla-t-elle. "Mais si vous êtes une femme, pour être honnête, c'est péniblement emmerdant." Elle le défia du regard de dire quoi que ce soit pour relever ce commentaire.

Jack souleva un sourcil et considéra plusieurs réponses. Toutes étaient cependant susceptibles de lui valoir de se faire descendre en flamme.

"Ne le faites pas, Jack." L'avertit doucement Daniel.

Carter réalisa trop tard, qu'elle lui avait jeter un os à ronger. Ses articulations blanchirent quand elle resserra sa prise sur sa chope de bière. S'il disait quelque chose, elle allait devoir lui répondre comme il se doit.

Un moment de pure tension passa.

"Oh détendez-vous, les enfants." Maugréa enfin Jack, "Je ne suis pas un complet abruti."

Daniel sembla en douter et O'Neill indigné le dévisagea.

"Je plaisante. Bon sang. Je suis contre le fait que les femmes servent d'esclaves sexuels aux hommes." Ce commentaire lui valu trois regards suspicieux. "Hé, je le suis, ok." S'exclama Jack sur un ton défensif.

Un moment d'absolu silence passa encore, puis Teal'c regarda quelque part par-dessus l'épaule de Carter et arqua les sourcils. "Qu'est ce que le docteur Fraiser fait avec ce... bâton?" Interrogea-t-il après un instant.

Sam se retourna, en regardant dans la même direction que le Jaffa.

Jack fronça à son tour les sourcils tandis qu'il balayait la foule clairsemée du regard. Ce serait un fichu manque de pot si le Doc. se trouvait vraiment là. Justement ce qu'il avait besoin, Staline en talon haut, le harcelant au sujet de sa santé et lui dictant ce qu'il devait et ne devait pas faire. Elle jetterait probablement un coup d'oeil à sa bière, déciderait qu'il était alcoolique et le mettrait en congé forcé pour un autre mois. "Je ne la vois pas." Murmura-t-il.

Sam sourit en refoulant un éclat de rire. "Ce n'est pas un bâton, Teal'c, c'est une queue de billard. On s'en sert pour frapper les balles à l'aide de la blanche... le but est d'empocher les balles aux coins ou au centre de la table."

Les sourcils du Jaffa se soulevèrent sur son front, il afficha un air quelque peu incrédule. "Je vois." Murmura-t-il, d'un ton pas tout à fait convaincu.

Sam comprit aussitôt, que présenté de cette manière, le jeu devait lui sembler plutôt idiot, alors elle tenta de clarifier les choses. "Je sais que, expliqué comme cela, ça a probablement l'air ridicule, mais c'est vraiment un jeu très stimulant... qui utilise amplement la géométrie et certaines notions relative à l'énergie mécanique."

L'expression de Teal'c demeura néanmoins incrédule. "Je vois." Dit-il encore.

Jack passa en revue les tables de billard à l'autre bout de la salle, mais ne vit pas le docteur. Il remarqua seulement une mignonne petite rouquine qui portait une paire de jeans moulants. Elle était pour le moment occupée à jouer contre un molosse, un soldat de la marine apparemment, qui était quant à lui trop occupé à la reluquer pour vraiment s'occuper de sa partie. La femme en question se pencha pour jouer et Jack ne put s'empêcher de sourire. "Vous êtes complètement barjo, tous les deux." Rétorqua-t-il sans cesser de contempler le splendide postérieur de la rousse. "Fraiser n'est pas ici. Juste cette petite rouquine et son joli petit..." Il résista tout juste à l'envie de terminer sa phrase quand il vit Sam se raidir.

Daniel plissa les yeux. "Uh... Jack..." Dit-il doucement. "À moins que je ne me trompe, c'est bien le docteur Fraiser."

Teal'c se retourna pour regarder O'Neill. "En effet." Trancha-t-il de sa voix de stentor.

"Fraiser pffff... Non, non, cette femme n'est pas Fraiser. Cette femme n'est pas..."

La petite rouquine termina son coup et se retourna suffisamment pour qu'il puisse apercevoir son visage.

"Fraiser." Termina Jack en se sentant vaguement perturbé. Il ne lui avait pas encore tout à fait pardonné le fait qu'elle l'ait mis en congé forcé pour une semaine pour quelque chose d'aussi ridicule qu'un genou foulé. L'image mentale qu'il gardait de cette femme était celle d'une ogresse arrogante, lui tapotant la poitrine du bout de l'index en vociférant ses ordres. Mais cette femme qui se tenait à la table de billard ressemblait à tout sauf à une ogresse.

Sam sourit d'un air affligé. "Monsieur, j'ose espérer que vous serez plus courtois devant elle. On ne voudrait surtout pas qu'elle soit tentée, très fortuitement, de mélanger ses prescriptions et de vous donner le mauvais médicament ou quelque chose de ce genre."

"Ouais, pas vrai, Jack." Ajouta Daniel avec un sourire, avant d'adresser une question à Carter. "N'y a-t-il pas quelque chose que l'on donne aux criminels, qui... heu... contrairement au Viagra réduit à néant la libido?"

"Très drôle." Marmonna Jack d'un ton acide avant qu'elle ne puisse ajouter quoi que ce soit.

Sam jeta un oeil vers Janet, puis à ses coéquipiers, avant que son regard ne revienne se poser sur O'Neill et qu'elle en conclut qu'il était temps pour elle de dégager. Le colonel était d'assez bonne humeur dernièrement, mais mieux valait ne pas trop le pousser à bout. Ça allait à l'encontre de l'entraînement d'officier qu'elle avait reçu... et, de plus Daniel était tellement meilleur à ce jeu. Il était temps d'effectuer une retraite stratégique. Elle se glissa hors de la banquette. "Si vous, voulez bien m'excuser, je pense que je vais aller la saluer." Elle se dépêcha de partir avant qu'ils ne puissent rétorquer quoi que ce soit.

Sentant le regard de ses deux coéquipiers toujours fixés sur lui, Jack prit une longue lampée de bière.

Daniel s'éclaircit la gorge de façon éloquente et fit un subtil signe de la tête vers le Docteur Fraiser.

Jack sentit le rouge lui monter aux joues. "Eh bien, comment étais-je sensé savoir qu'elle avait l'air de ça sous son sarrau?" Se plaignit-il comme si cela expliquait tout.

"Je ne comprends toujours pas ce jeu de billard." Ajouta Teal'c, ce qui n'aida en rien.

Jack se contenta de rouler les yeux au plafond.

* * * * * * * * *

Sam atteignit la table de billard à l'instant où Fraiser remportait la victoire... elle ne manqua pas l'air irrité du marin. Il s'était fait battre à plate couture. Elle resta en retrait pendant qu'il grommelait quelques jurons impolis. Il remit un billet plié à la petite doctoresse qui le fourra derechef dans la poche de son chemisier.

"Et n'oubliez pas que vous avez un examen médical lundi." Ajouta-t-elle gaiement ce qui termina de le mettre en colère.

Maugréant toujours contre lui-même, il battit en retraite. Fraiser le regarda partir en souriant à belles dents. "Je ne devrais pas prendre mon pied à ce point." Murmura-t-elle pour elle-même.

"Pas seulement médecin, mais arnaqueuse émérite..." Dit Sam d'une voix traînante. Janet sursauta en portant la main à son coeur. Elle fit presque un tour sur elle-même avant de se calmer.

"Capitaine Carter." Haleta Fraiser l'air embarrassé. "Ce n'est pas dans mes habitudes." Dit-elle pour se défendre en gesticulant un peu sans ressource. "Il était si arrogant... Se vantant du bout des lèvres que les hommes étaient bien meilleurs que les femmes au billard parce qu'ils avaient un sens spatio-temporel plus développé et une plus grande affinité pour la géométrie --"

Se tenant là avec plusieurs diplômes qui allaient de l'astrophysique aux mathématiques théoriques, Sam serra les dents, agacée. "Ah." Elle comprenait trop bien. C'était une attitude qu'elle avait rencontrée plus d'une fois dans l'armée.

"Je me suis dit qu'il avait besoin d'une petite leçon." Ajouta le docteur, un sourire espiègle accroché aux lèvres. "Lui prendre son argent était seulement une motivation supplémentaire." Elle s'en voulut un peu quand Carter n'offrit aucune réponse immédiate. C'est alors qu'elle s'inquiéta du fait que peut-être le Capitaine ne la trouvait pas drôle. Le marin était après tout l'un des siens, un combattant qui avec son gros fusil affrontait toute sorte de menace extraterrestre. Comme Carter. Ce genre de chose créait des liens.

"Je pense que c'est tout à fait louable de détrousser les gens quand c'est pour une bonne cause." Se permit Carter après un moment, un sourire furtif aux lèvres.

"J'aime à le penser." Soupira Fraiser très soulagée. "Parce que c'était vraiment, vraiment amusant." Elles partagèrent un éclat de rire conspirateur, puis le docteur fit un signe de tête en direction des banquettes où étaient toujours assis les coéquipiers de Sam. Daniel et le Colonel échangeaient des mots, tandis que Teal'c fasciné les observait en silence. "Le Colonel O'Neill à l'air de se porter un peu mieux." Commenta-t-elle en commençant à replacer les boules de billard.

Sam jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule et hocha la tête. "Ouais... Je pense que nous commençons à nous ajuster à toutes ces nouveautés." Elle sourit et prit une gorgée de sa chope.

Des prunelles foncées observèrent Carter spéculativement. "J'ai entendu dire que ça avait joliment bardé sur P3X-593." Avança-t-elle d'un ton désintéressé, même si ses yeux affichaient tout le contraire.

Sam haussa les épaules, prenant note de l'intérêt de la rouquine. "C'était plutôt intéressant." Répondit-elle de façon évasive. Même lorsque les Goa'ulds n'étaient pas impliqués, voyager à travers la porte n'était pas un jeu, une chose que certaines personnes avaient tendance à oublier, conclut-elle.

L'expression de Fraiser devint sérieuse. "Vous allez bien?" Elle avait consulté les notes médicales post mission de leurs dossiers - même si elle n'était pas sensée le faire - et savait parfaitement que Carter se portait bien physiquement, mais ce n'était pas ça qui l'intéressait.

Sam se ressaisit, réalisant tout à coup qu'elle était perdue dans ses pensées depuis un moment. "Oh, ouais." Soupira-t-elle un peu distraite. "Je me demandais simplement si nous savons vraiment ce que nous faisons là, dehors." Elle fut étonnée d'entendre Fraiser rire doucement.

Le docteur se redressa et secoua la tête. "Bien sûr que non." Déclara-t-elle comme si c'était une évidence. "Nous ne le savons pas, c'est l'inconnu..." elle haussa les épaules, regarda la boule blanche qu'elle avait dans les mains avant de la centrer, puis releva la tête pour rencontrer le regard intelligent de Carter. "Tôt ou tard, le ciel finira par nous tomber sur la tête et dieu seul sait ce qui se produira --"

"Réjouissante philosophie." Murmura Sam inconfortable. Elle n'aimait pas penser aux dangers potentiels qu'impliquaient ce qu'ils faisaient. C'était trop angoissant.

"Non, une philosophie pragmatique." La corrigea Janet. Elle attrapa sa queue de billard et fit un signe de tête vers la table. "Je suis bonne à ce jeu parce qu'il est prévisible. Si vous calculez bien les trajectoires et savez quelle force employer, vous réussissez à faire presque tout ce que vous voulez... occasionnellement on rencontre une variable... une légère imperfection dans une boule ou dans la table... ou encore, notre main tremble juste assez pour faire dévier notre coup... puis les conditions changent... et la prévisibilité n'est plus si prévisible...." Elle regarda le plafond, bien qu'elle veuille démontrer qu'elle regardait bien au-delà de cette paroi, c'est à dire dans l'espace. "Là dehors, il y a une infinité de variables... et beaucoup moins de prévisibilité sur la trajectoire et la manière dont la boule réagira." Elle réalisa que Sam avait les joues rouges et qu'elle la regardait avec un drôle d'air. "Et je suis là, moi, un médecin, tentant médiocrement d'expliquer la loi des probabilités à une astrophysicienne." Un petit sourire embarrassé recourba ses lèvres. "Je me tais immédiatement."

"Non, ça va." Indiqua Sam rapidement, un petit soupir s'échappa de ses lèvres. "Vous avez raison." Admit-elle, en haussant une seule épaule. "Quand j'ai commencé sur ce programme, tout ce que je comprenais c'était la science pure et dure... la technologie, les nombres, les choses objectives... c'est beaucoup plus que ça." Elle se passa une main dans les cheveux. "Parfois c'est un peu effrayant." À ce dernier aveu, ses pommettes rougirent un peu plus. Admettre qu'on pouvait avoir la trouille ne faisait pas exactement partie du code de déontologie militaire.

C'est pourquoi elle fut surprise d'entendre le docteur murmuré. "C'est bien."

Sam leva les yeux, un froncement de sourcils lui barra le front. "Pardon?"

Fraiser sourit avant d'employer un ton terre à terre. "C'est ceux qui n'ont pas peur qui m'inquiète." Elle en voyait de temps à autres, des soldats trop téméraires qui n'avaient pas conscience des conséquences de leurs actes. Elle avait vu les effets secondaires de ce genre de bravade insouciante lors de précédentes missions et savait à quel point ça pouvait dégénérer. En ce qui la concernait, avoir un peu la trouille était une bonne chose. Cela rendait les gens plus prudents.

Sam absorba tranquillement le commentaire, puis inclina la tête. "Vous marquez un point." Admit-elle. Elle choisit une queue de billard et fit un signe en direction de la table. "Alors, prêtes pour une petite partie, ou bien vous ne faites que détrousser les pauvres marins?" Demanda-t-elle, pour changer de sujet.

Avant que le docteur ne puisse répondre, une voix grave leurs parvint aux oreilles. "Hé, Doc., j'ai entendu dire que vous étiez une sacrée joueuse."

Les deux femmes se retournèrent pour se retrouver face au colonel Makepeace et deux de ses hommes - l'un d'entre eux était le costaud lieutenant que Fraiser venait de battre - Ils croisèrent leurs bras sur leurs poitrines et leurs visages devinrent un masque inexpressif. De toute évidence ils souhaitaient défendre la réputation de leur unité et prouver que les hommes étaient supérieurs aux femmes par la même occasion. Du moins, c'est ce que Sam en conclut.

Fraiser observa les trois hommes d'un air spéculatif. "Oh, pas si bonne joueuse que ça." Elle n'avait pas l'intention de relever ce défi. Ils avaient bu plus qu'il n'était sage de le faire et cherchaient d'une certaine façon la confrontation. Mieux valait ne pas répondre.

"Vraiment, Doc." Murmura Makepeace, en inclinant la tête vers son lieutenant. "Selon Danziger, vous avez joué toute une partie." Un sourire paternaliste se dessina sur ses lèvres. "Et je n'ai pas joué au billard depuis des lustres."

Makepeace mentait car Sam l'avait entendu se vanter de ses exploits au billard voilà quelques jours. Clairement, il pensait pouvoir remporter la partie haut la main. Après l'avoir vu joué, Sam avait des doutes. Fraiser avait l'oeil pour les angles et puisqu'elle était médecin, elle avait un sang froid du tonnerre. Elle avait de la difficulté à envisager Makepeace autrement qu'en perdant. Elle se demanda si c'était le fait que Fraiser soit une femme ou qu'elle fasse partie de l'armée de l'air qui agaçait tellement les hommes de la navale. Probablement une combinaison des deux, décida-t-elle.

À la limite de son champ de vision, elle nota que le colonel avait remarqué l'arrivée de Makepeace et de ses hommes et qu'il venait maintenant vers elles -- Teal'c et Daniel à sa remorque --. Elle ne put s'empêcher de se demander s'il était trop tard pour courir aux abris. En général quand O'Neill et Makepeace se trouvaient dans le même territoire, tout pouvait arriver. Et ce n'était jamais rien de bon.

"Nous avons tous de la chance de temps à autres." Ajouta rapidement Janet, désireuse de se sortir de ce guêpier. Elle jeta un coup d'oeil impatient à sa montre. "De toute façon, j'ai une réunion tôt demain avec les ingénieurs, je dois y aller."

"C'est tout à fait le style de l'armée de l'air ça... Ils foutent la pagaille avant de décamper." Vociféra Makepeace.

Les épaules du docteur se raidirent, ses yeux se rétrécirent, tandis que Sam se redressait en croisant les bras sur sa poitrine. Elle lança un regard étincelant vers les marins. Les insultes personnelles l'atteignaient rarement, mais quand il s'agissait de son unité, c'était une autre paire de manche. "Hé, Makepeace." Lança-t-elle avant que Fraiser ne rétorque quoi que ce soit. "Je peux jouer ?"

Le colonel la regarda et un sourire lui tordit la bouche. Il présuma qu'elle serait encore plus facile à vaincre que le docteur. Carter ne devait pas jouer souvent au billard, étant donné qu'elle passait la majeure partie de sa vie à travailler. "D'accord, Capitaine, si c'est ce que vous voulez, Lonnie et moi," il fit un geste vers un des marins, celui qui n'avait pas déjà perdu contre le docteur, "serons heureux de vous flanquer une raclée à vous et au Doc." Une lueur avide brilla dans ses yeux et il ajouta, "plus qu'heureux."

Un rire sonore leur parvint attirant tous les regards vers O'Neill. Il se tenait accoudé contre le petit comptoir près du mur sa bière à la main, Teal'c et Daniel le flanquaient de chaque côté.

"Vous voulez jouer, O'Neill?" Demanda Makepeace. Les deux hommes ne s'aimaient pas le moins du monde, et Makepeace apprécierait plus que tout une occasion d'humilier publiquement le colonel de l'armée de l'air.

"Nah." dit Jack en déclinant. "Je veux simplement m'assurer que vous êtes réglo. Je suis nul au billard." Un sourire mesquin recourba ses lèvres et il fit un geste vers les deux femmes. "Sans compter que c'est plutôt moi qui vais les regarder vous faire votre fête." Ce qui serait tellllleeeement plus amusant.

"Ça te dirait de faire un petit pari là-dessus?" Rétorqua Makepeace.

Sam lança un regard affolé vers le colonel en secouant la tête légèrement. Pour rien au monde elle ne voulait avoir ça sur la conscience en cas d'échec.

O'Neill l'ignora complètement pendant qu'il grimaçait un sourire torve en direction de Makepeace. "Je pensais que tu ne le demanderais jamais."

"Ce n'est pas bon" Chuchota Sam dans un aparté avec Janet pendant que Makepeace et O'Neill établissaient leur pari. "Qu'allons-nous faire?"

Inopinément, Fraiser rit doucement, les yeux brillants. "Les battre?" Puis elle regarda Sam comme si une pensée terrible venait de lui traverser l'esprit. "Vous êtes bonne au billard, n'est ce pas?" Elle eut un moment de panique mais comprit que Carter ne se serait pas compromis si elle ne l'était pas... mais d'un autre côté, elle avait vu des choses bien étranges se produire par le passé.

Sam baissa les yeux vers la petite femme, un sourire courba ses lèvres. "J'aime à le penser." Répondit-elle. "Parce que sinon, si nous ne gagnons pas, le colonel va me rabattre les oreilles avec ça ad vitam æternam."

"Le jeu de la huit... un trois de cinq." Indiqua Makepeace sans attendre que l'une ou l'autre des deux femmes n'acquiesce tandis qu'il s'éloignait d'O'Neill. "Nous tirerons la casse à pile ou face." Il retira une pièce de monnaie de sa poche.

Makepeace gagna le tirage au sort et le droit de casser.

Mais ce fut la dernière fois que la chance fut de son côté. Il cassa, et à son second coup la blanche sauta en bas de la table évitant toutes les boules comme si elles avaient contenu un aimant ayant la même charge. Puis ce fut au tour de Carter... elle était bonne... très bonne. Un instinct inné pour la géométrie, couplé à une excellente coordination main-oeil, et une connaissance très précise de la force exacte à appliquer faisait d'elle un adversaire mortel. Le fait qu'elle ait la chance de remettre les marins à leur place y était probablement aussi pour quelque chose. À chaque coup qui passait, le colonel de la marine devenait de plus en plus gris. Celui-là n'allait pas être facile à vivre prochainement ; il jeta un coup d'oeil vers O'Neill, notant que l'autre homme affichait un large sourire. Avant qu'il ne puisse jouer à nouveau, ils en étaient à la deuxième partie et il découvrit bientôt que, aussi invraisemblable que cela pouvait paraître, Fraiser était encore meilleure que Carter. S'il n'avait pas été aussi macho, il se serait mis à pleurnicher.

Déjà distrait, Makepeace se pencha, prit position sur la table et ses yeux se rétrécirent tandis qu'il se concentrait sur son coup. Ils étaient mal barrés, mais ils pouvaient encore gagner s'il jouait bien. Il prit un inspiration profondément pour apaiser ses nerfs tendus et se prépara à jouer.

"Hé, ce ne serait pas Wilkerson?" La question impromptu d'O'Neill interrompit le jeu et fit voler en éclat la concentration de Makepeace.

Ses molaires se serrèrent les unes avec les autres et Makepeace se mit à psalmodier des malédictions pendant qu'il se relevait en lançant un regard meurtrier par-dessus son épaule en direction de Jack. "Tu essaies de me faire manquer mon coup, O'Neill?" Maugréa-t-il de fort mauvaise humeur. "Tu ferais n'importe quoi pour t'assurer qu'elles gagnent." Ajouta-t-il, oubliant momentanément que son équipe tirait irrévocablement de l'arrière.

Jack se recula en prenant un petit air indigné. "Non." Il fit un geste de la main en direction du bar. "J'ai seulement--"

"En fait, je pense qu'il a raison." Murmura Daniel, en regardant au-dessus de l'épaule de Jack vers le visage carré qui se tenait raide contre le bar. "Il ressemble vraiment à Wilkerson."

"Impossible." Les contredit Fraiser sans lever les yeux de la table de billard. Elle était légèrement appuyée sur sa baguette et étudiait soigneusement la disposition des balles sur la table, anticipant son prochain coup en se basant sur le coup qu'allait rater Makepeace. "Il récupère toujours en post-op." Le jeune lieutenant avait fait une mauvaise chute en déplaçant de l'équipement dans la salle de la porte. Il s'était cassé le poignet de l'avant bras si méchamment qu'il avait fallu réduire la fracture sous anesthésie.

Supposant que la discussion était terminée, Makepeace reprit position et était encore une fois sur le point de jouer quand O'Neill intervint de nouveau. "Je pense vraiment que c'est lui." Renchérit-il à voix haute.

Makepeace émit un grondement exaspéré tandis qu'il se redressait encore une fois. "Tu sais, O'Neill…" commença-t-il, mais Carter se posta entre les deux, un froncement de sourcils lui barra le front tandis qu'elle suivait le regard de son supérieur.

"Je pense que vous avez raison, monsieur." Elle inclina la tête sur le côté. "C'est Wilkerson."

Fraiser émit un petit bruit agacée. "Écoutez, ça ne peut pas..." commença-t-elle en se retournant dans la direction que fixait Carter, "... être... lui..." Les mots qu'elles étaient sur le point de dire moururent sur ses lèvres et ses yeux scrutèrent le visage trapu du jeune homme qui se tenait au bar. Son bras droit pendait raide à son côté. Elle vit le barman lui verser une rasade d'un liquide ambré. Lorsqu'il voulut s'éloigner, l'homme attrapa la bouteille et la lui retira des mains avant que ce dernier ne puisse faire quoi que ce soit. Le barman lui sembla sur le point de protester mais changea apparemment d'idée. D'un air consternée, elle l'observa tandis qu'il penchait la tête en arrière et vidait son verre d'un trait avant de le remplir à nouveau. "Est-il devenu complètement fou?" Souffla-t-elle enfin. Il y avait bien quelques rumeurs qui affirmaient que Wilkerson avait un problème d'alcool, mais pas au point qu'il sorte de son lit d'hôpital à peine vingt-quatre heures après une chirurgie majeure. La partie de billard fut soudainement la dernière chose qu'elle eut à l'esprit. "Je dois le ramener à l'infirmerie... en espérant qu'il n'y aura pas de séquelles." Elle déposa sa queue de billard et entreprit de se diriger vers lui, toute son attention maintenant rivée sur son patient.

Échangeant un regard inquiet avec Carter, O'Neill se redressa du comptoir auquel il était accoudé. Il voulut suggérer à Fraiser d'attendre, mais elle se frayait déjà un chemin entre les tables vers le bar.

Makepeace se releva, fit un signe de la tête à l'intention de ses hommes tandis qu'il observait la petite femme qui se déplaçait rapidement vers son patient.

Un frisson parcourra l'échine de Sam. "Pourquoi ai-je soudainement un mauvais pressentiment?" Chuchota-t-elle.

"Toi et moi, tous les deux." Murmura O'Neill avant que Makepeace ne hoche la tête en guise d'assentiment. Bien qu'ils ne s'aimaient pas particulièrement, les deux hommes étaient assez futés pour se respecter professionnellement. "Carter... Teal'c." Dit-il sur un ton modéré en leur faisant signe de le suivre. Fraiser avait presque atteint Wilkerson. Ce n'était probablement rien... juste un gosse têtu qui voulait jouer au dur à cuire, mais... Il observa le docteur, incertain de s'il devait se dépêcher pour la rejoindre ou s'il devait la laisser s'occuper de la situation à sa manière. Si le lieutenant avait seulement eu envie de prouver quelque chose aux autres en venant ici, alors elle devrait en venir plus facilement à bout qu'une bande d'officiers que le gosse voulait justement tenter d'impressionner. D'un autre côté, selon son expérience, les incidents impliquant le SGC étaient rarement aussi simples que ça...

Janet ralentit comme elle approchait du large dos de Wilkerson, réalisant tout à coup à quel point il était plus corpulent qu'elle. Il but d'un trait un autre verre d'alcool, puis elle vit une onde de tension lui raidir les épaules avant de réaliser abruptement qu'il la dévisageait dans le miroir au-dessus du bar. Plus question de reculer maintenant. "Lieutenant Wilkerson." Elle leva le menton et lui retourna un regard noir d'absolu commande, par le biais du miroir, espérant l'intimider. Elle avait souvent eu affaire à des hommes dominateurs et avait constaté qu'un regard assuré et un ton autoritaire suffisaient bien souvent à les mâter quand les menaces verbales, elles, ne servaient qu'à déclencher leurs ressentiments et leurs opiniâtreté.

Il continua à la dévisager dans le miroir sans broncher tout en s'envoyant un autre verre de bourbon, puis il pivota et ses yeux pâles se fixèrent un moment sur quelque chose au-dessus de son épaule avant de revenir sur elle. "Docteur Fraiser."

Quelque chose dans le ton de sa voix la fit frissonner et elle dut combattre une soudaine envie de s'enfuir à toute jambe. "Lieutenant, ne devriez-vous pas être à l'infirmerie?" Ses yeux se portèrent sur le plâtre de son avant-bras droit, enfoui sous sa chemise.

Un demi-sourire recourba le coin de sa bouche. En dépit de sa taille, il était étonnant de voir à quel point il avait l'air jeune, mais la façon qu'il avait de la regarder en ce moment avait quelque chose de tout sauf jeune. "Est-ce que je devrais?"

Janet avala avec difficulté, se rappelant à elle-même que l'alcool rendait souvent l'homme semblable à la bête. "Puisque j'ai beaucoup de mal à croire que Dr. Warner vous ait déjà donné congé... oui, je crois que vous devriez l'être."

Son regard se déplaça quelque part au-dessus de son épaule gauche. Il sembla évaluer quelque chose avant de s'éloigner du bar. Ses yeux revinrent se poser de nouveau sur elle et un sinistre rictus lui tordit la bouche. "Vous avez probablement raison, Doc." Une fois de plus il porta le regard sur quelque chose au-dessus de son épaule. "Mais d'un autre côté...." Il sortit son bras droit de sous sa chemise et tourna sa main dans tous les sens, avec une force inouïe -- et cela même pour quelqu'un qui n'aurait pas eu les os brisés -- déchiquetant la fibre de verre moulée qui lui servait de plâtre. Pendant un moment, Janet ne put détacher les yeux de cette vision, bien qu'elle se soit distraitement rendue compte des cris d'avertissement qui résonnaient derrière elle. Son regard remonta vers le visage de Wilkerson au moment même où ses yeux se mirent à luire d'un flamboyant éclat. "Peut-être vous tuerai-je tous à la place." Continua le lieutenant d'une voix traînante -- sauf que ce n'était plus le lieutenant -- réalisa-t-elle dans un moment de pure compréhension. Ne faisant aucunement attention à la manière dont son bras était encore enveloppé dans les restes du moule de fibre, il tendit la main devant lui.

Janet leva les bras pour se protéger et recula un peu en tentant de s'échapper, mais il était déjà trop tard. Une douleur fulgurante la traversa quand la paume d'une main l'atteignit en pleine poitrine juste à la base du sternum. Elle plana sur plusieurs mètres avant que son corps ne rencontre un obstacle. Quelque chose ralentit son vol effréné, des bras se refermèrent autour de sa taille, et elle fut stupéfaite de sentir un corps moelleux au lieu d'un mur ou une table. Elle entendit le grognement sourd de son sauveur et sentit les bras se resserrer encore autour d'elle, tandis que l'impact les envoyaient valdinguer au-delà des rangées de tables et de chaises au centre de la salle. Son sauveur et elle atterrirent ensuite sur le plancher de ciment et roulèrent un moment avant de s'arrêter enfin dans un espace à demi dégagé.

Janet essayait toujours de retrouver ses sens quand une main se posa sur son épaule et qu'une ombre émergea à son côté. Son sauveteur se mit à genou. "Est-ce que ça va?" Haleta Sam Carter en l'examinant rapidement des pieds à la tête.

Elle hocha rapidement la tête avant de se mettre, elle aussi à genou juste au moment où le marine qu'elle avait vaincu au billard, s'écrasait brutalement dans le juke-box qui occupait l'un des coins du bar. Des tessons de verres colorés volèrent en éclat dans toutes les directions, l'atteignant plus où moins gravement avant qu'il ne s'effondre immobile sur le plancher.

"Les humains sont si faibles." Se moqua la chose qui habitait Wilkerson. "Alors, lequel d'entre vous veut être le prochain?"

"Va te faire voir." Grogna O'Neill en faisant des signes aux autres tandis qu'ils encerclaient leur ennemi. Danziger s'était précipité trop rapidement sur lui et ils ne pouvaient pas se permettre de répéter cette erreur. "Personne ne l'attaque en solo." La seule chance qu'ils avaient contre la créature devant eux était de l'attaquer de tous les côtés à la fois. Si Wilkerson, enfin ce qu'il en restait, réussissait à les séparer, ils n'auraient plus qu'à faire leurs prières.

Les deux femmes se remirent sur leurs pieds et Sam attrapa l'épaule de Janet, avant de la pousser vers la porte avant. "Sortez d'ici et avertissez SGC." Lui ordonna-t-elle brusquement.

Devant le bar, la bagarre éclata ferme quand les hommes se ruèrent sur leur collègue possédé, mais ils ne faisaient pas long feu devant la force brute du parasite étranger. La chose qui contrôlait Wilkerson n'aurait pas dû combattre ses assaillants avec autant de facilité, mais il cognait dur tandis qu'en revanche leurs coups ne semblaient pas l'affecter outre mesure. S'il poursuivait ainsi, il allait vaincre rapidement.

"Mais --" Voulu s'opposer Janet, ne voulant pas partir quand les choses semblaient si désespérées

Employant une chaise comme arme, Teal'c flanqua un solide coup dans le flanc de leurs assaillant, ce qui le fit hurler de fureur. Un coup vicieux le déséquilibra et il perdit pied. Il fit un roulé boulé avant de rapidement se remettre sur ses pieds, mais même un Jaffa comme Teal'c ne pourrait pas prendre éternellement des coups aussi puissant.

"Si nous ne pouvons l'arrêter, le SGC doit savoir ce qui s'est produit." Éructa Carter sans prendre la peine d'expliquer davantage. Dans les circonstances, Fraiser était le meilleur choix; elle n'avait pas d'expérience tangible au combat et encore moins la force d'en découdre avec un Goa'uld. La dure réalité qu'impliquait cet ordre était qu'aucun d'entre eux n'allait survivre et Hammond aurait besoin de toutes les informations possibles sur la situation à savoir qu'un Goa'uld s'était échappé de la base. "Allez-y maintenant!" Lui ordonna-t-elle de nouveau, dépassant Fraiser avant de plonger dans la mêlée.

En dépit du désir de faire tout ce qu'elle pouvait pour les blessés, Janet obéit, elle savait que Carter avait raison. Elle se mit à courir entre les tables, les yeux rivés sur l'étroite porte en acier qui la mènerait à l'extérieur. C'était la seule porte de sortie de cet indescriptible bâtiment de briques grises.

"Vous partez déjà, Docteur?" La voix était gutturale, et semblait sortir d'un gouffre et non d'un corps humain. "Je pense que vous devriez rester." Elle jeta un coup d'oeil en arrière et vit que le Goa'uld était à ses trousses ne faisant aucunement attention aux coups que lui donnaient les soldats. Ses yeux étaient lumineux et Janet réalisa qu'il savait exactement pourquoi elle fuyait. Il ne pouvait pas se permettre qu'on mette à jour son évasion et il repoussa O'Neill avec une efficacité brutale avant de se précipiter sur elle. Zigzaguant entre les tables, Janet accéléra malgré elle, sachant qu'elle devait sortir delà avant qu'il puisse l'en empêcher.

Elle était à environ dix pieds de la porte quand une des lourdes tables rondes dévala vers elle. Elle la vit venir dans son champ de vision et eut tout juste le temps de lever un bras et de se pencher pour éviter l'impact. Elle réussit presque ce tour de force mais l'un des coins de la table atteignit son épaule et la projeta contre une des tables voisines. Les tables et les chaises se mirent à voler en éclats autour d'elle. En dépit de ses efforts pour éviter le pire, elle reçut une pluie de bois et de lourds morceaux de métal avant qu'une base de table en acier lui frappe la tempe et qu'elle s'écroule violemment sur le sol.

Sam vit le docteur s'écrouler, mais comme en ce moment sa propre survie était en jeu, elle ne pouvait pas faire grand chose pour elle sinon espérer qu'elle était toujours en vie.

"Je crois que finalement elle n'ira pas chercher de l'aide." Ricana le Goa'uld.

"Sale bâtard." Siffla Sam abattant sur lui la première chose qu'elle put se mettre sous la main, un tabouret de bois en l'occurrence. Lancé avec la colère et la force du désespoir, il se brisa contre la tête du Goa'uld, il ne lui resta entre les mains que les ruines du tabouret : deux bouts de bois effilés. Elle le vit projeter son poing vers l'arrière et sut qu'elle ne pourrait pas éviter le coup et encore moins y survivre. Elle savait quelle force pouvait déployer un Goa'uld. Avec moins d'une seconde pour réagir, elle fit la seule chose à laquelle elle put songer à ce moment et le poignarda avec ses armes de fortune, en lui enfonçant l'un des deux pieux, le plus pointu, dans l'abdomen tandis qu'elle lui entaillait le côté du visage avec l'autre. Une longue estafilade lui ouvrit la joue.

Un hurlement de fureur meurtrière se fit entendre et alors le revers de la main du Goa'uld atteignit le côté du visage de Sam, la force l'envoya planer haut dans les airs. Tandis qu'elle était toujours dans les airs, elle vit Teal'c et Makepeace ainsi que tous les autres. Ils attaquaient le Goa'uld des deux côtés, s'acharnant sur lui sans aucune retenue. Il était étonnamment rapidement pour un homme de sa corpulence. Le Jaffa qui tenait toujours la base de métal d'une des tables la balança dans un arc parfait en visant les jambes. La dernière pensée de Sam quand elle vit la lourde base fracasser une des chevilles de Wilkerson fut qu'elle ne reverrait jamais une bagarre d'une telle ampleur... alors elle s'écrasa contre une table, culbuta par-dessus plusieurs chaises qu'elle renversa chemin faisant. Puis Samantha Carter resta étendue là, parfaitement immobile.

¹ (l'Organisation National des Femmes. - National Organisation for Women).


Dernière édition par Alyss le Ven 20 Mai - 13:33, édité 1 fois
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En pièces détachées - Partie 2 : La Partie de Billard (S/J) Empty Re: En pièces détachées - Partie 2 : La Partie de Billard (S/J)

Message  Alyss Jeu 19 Mai - 16:55

Chapitre 2

Janet ne pensa pas avoir totalement perdue conscience -- bien qu'elle était si confuse qu'il lui était difficile d'en être tout à fait certaine -- mais elle l'entendit ; un bruit de chair qui se déchire et d'os brisé, des grognements, des gémissements, des malédictions, et aussi le son que ferait un sac de viande si on l'échappait sur le plancher. Ce n'était pas bon.

Ni non plus, le fait que tout devint ensuite soudainement silencieux.

Son corps tout entier n'était plus qu'une gigantesque ecchymose, sa tête palpitait violemment et elle lutta pour chasser la brume laiteuse qui menaçait de lui faire perdre conscience. Elle entrouvrit les yeux et ses prunelles noires fixèrent un moment la surface lisse du plancher de béton. Elle se trouvait, à moitié ensevelie, sous un enchevêtrement de tables et de chaises, son épaule gauche lui faisait tellement mal qu'elle se demanda un instant si elle n'était pas cassée. Refoulant un gémissement, elle se souleva sur un coude juste à temps pour voir Wilkerson - ou plutôt ce qu'était devenu Wilkerson - un bras accroché au bar, il tentait de se relever, son visage et ce qu'elle pouvait voir de son corps étaient terriblement meurtris et ensanglantés. De ses collègues, il n'y avait plus aucun signe et elle du combattre une vague de nausée en réalisant qu'ils se trouvaient probablement étendu sur le plancher... mort. Le Goa'uld avait gagné et elle était maintenant seule.

Ne se faisant aucunes illusions au sujet de ses chances de réussite contre un Goa'uld, elle se demanda si le Général Hammond aurait de bons mots à son égard à ses funérailles ou s'il s'en voudrait d'avoir misé sur un jeune officier féminin quand il y avait bon nombre de candidats masculins en liste pour le poste qu'elle occupait.

Wilkerson perdit sa prise sur le bar et glissa lentement vers le sol en émettant un petit couinement sourd. Janet entendit le son mat que son corps fit en tombant sur le plancher, puis encore plusieurs mots, sûrement des jurons, prononcés dans une langue qu'elle ne connaissait pas.

Elle évalua ensuite sa propre situation -- une de ses jambes était coincé sous les débris et même si elle lui faisait un mal de chien, elle ne détecta aucun saignement et quand elle bougea les pieds, ils obéirent tous les deux sans trop de difficulté. Elle pouvait entendre Wilkerson qui murmurait toujours dans la même langue avec cette voix inhumaine qui lui donnait des frissons dans le dos. Apparemment, ses confrères avaient fait assez de dommages pour le neutraliser. Serrant les dents, Janet libéra sa jambe, sa seule chance maintenant serait l'effet de surprise.

Logiquement, elle aurait du prendre ses jambes à son cou et foutre le camp de là. Survivre pour raconter au SGC ce qui s'était produit.

Illogiquement, elle ne pouvait tout simplement pas foutre le camp et réduire leur sacrifice à néant, même si cela signait son propre arrêt de mort. Elle devait faire quelque chose.

Récitant une prière muette, elle appuya ses mains contre le plancher et se dégagea silencieusement de sous les débris. Elle fit attention de rester à genoux pour ne pas se faire voir.

Un grognement et un son étouffé lui parvint du secteur près du bar, puis elle entendit le Goa'uld lancé encore quelques injures de cette voix inhumaine.

Elle avança le plus possible avant de jeter un coup d'oeil par delà la forêt de tables et de chaises renversées. Wilkerson était à demi assis, sa chemise était en lambeaux, il l'enleva et la jeta au loin puis se pencha pour atteindre quelque chose qui était hors de sa portée. Il se mit donc à se traîner dans cette direction.

Cela lui prit un moment avant de réaliser que son bras cassé - enfin celui que le Goa'uld en lui avait au préalable guérit - était de nouveau cassé. Bien plus sévèrement cette fois, puisque Janet pouvait voir le rebord sanglant de l'os qui sortait de la chair au niveau du coude. Elle vit également qu'il traînait quelque chose. C'était le colonel O'Neill. Ce dernier était totalement inerte et ensanglanté. Wilkerson le tenait fermement par le collet et tentait tant bien que mal de l'approcher plus près de lui.

Janet fronça les sourcils. Pourquoi essayait-il de s'en prendre au colonel? Non, cela ne faisait pas de sens. O'Neill était assez près pour qu'il puisse facilement l'étrangler s'il avait envie de le tuer. Il voulait autre chose... mais quoi? Secouant la tête, elle chassa cette pensée et rampa encore plus près. Une douleur intense lui noua l'estomac lorsqu'elle aperçut une silhouette familière inerte parmi les tables et les chaises renversées. Un mince filet de sang s'écoulait de sa tête aux cheveux dorée. Un étau lui enserra douloureusement le coeur. Serrant les dents pour refouler la subite montée d'émotion, elle ferma un instant les yeux. Si Carter était morte, il lui faudrait attendre pour la pleurer et si elle ne l'était pas, alors sa meilleure chance de survie consistait à ce que Janet trouve une façon d'arrêter cette chose qui était à l'intérieur de Wilkerson.

En mettant dans la balance qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire et aussi du fait qu'elle ne possédait rien qui aurait pu lui servir d'arme, Janet se demanda un instant si elle n'était pas complètement folle. Un grognement sourd lui parvint et elle se pencha jusqu'à ce qu'elle puisse de nouveau voir ce que fabriquait Wilkerson. Il avait réussi à traîner O'Neill jusqu'à lui et était en train de retourner le colonel sur le côté. Janet fronça de nouveaux les sourcils. Que faisait ce satané Goa'uld? Pour autant qu'elle puisse le dire, il n'essayait pas de faire du mal à O'Neill. Wilkerson se coucha sur le ventre près du colonel.

Puis elle comprit. La créature s'apprêtait de toute évidence à s'emparer du colonel O'Neill. Elle piqua un sprint quand elle vit Wilkerson convulser. Elle vit quelque chose onduler sous la chair le long de sa colonne vertébrale.

"Oh mon Dieu!" Lâcha-t-elle en se frayant frénétiquement un chemin parmi les décombres en les repoussants brutalement dans son sillage.

Perdu dans sa propre sortie spasmodique de Wilkerson, le Goa'uld ne l'entendit pas venir et fit éruption entre les os et le sang. Le serpent à tête de dragon s'extirpa du dos du jeune lieutenant et glissa en laissant de fines traces rougeâtres le long de son omoplate. Ils n'en savaient pas encore suffisamment sur ces bestioles pour savoir si cette chose était capable de voir ou d'entendre. Ni combien de temps ils pouvaient survivre à l'extérieur d'un hôte, tout ce qu'elle savait s'était que s'il parvenait jusqu'à O'Neill, ils étaient tous morts.

L'animal aux ailerons rougis de sang et parsemé de lambeaux de chairs, redressa la tête en sifflant. Janet vit qu'il se préparait à plonger dans la nuque du colonel et fonça à vitesse grand V. Elle réussit à couvrir les huit derniers mètres comme une tornade avant de plonger tête première. Avec l'énergie du désespoir elle réussit à attraper la chose par le cou avant qu'elle n'atteigne le colonel. Sa peau était chaude et poisseuse de sang frais, et il se mit à se tortiller furieusement entre ses mains. Se laissant tomber contre Wilkerson, elle utilisa ses pieds pour repousser le colonel le plus loin d'eux qu'elle le put.

Totalement enrager le Goa'uld se mit à se débattre encore plus violemment, sa tête s'arqua vers elle et elle sentit son souffle glacial sur son visage quand il lança un sifflement strident. Janet recula en allongeant les bras le plus loin possible de son corps et pencha instinctivement la tête quand il plongea vers elle la gueule grande ouverte. Il avait une puissance phénoménale, et les épines de ses ailerons lui tailladèrent la peau des mains tandis qu'elle luttait désespérément pour ne pas lâcher prise. Il plongea de nouveau vers elle, les muscles de son cou palpitaient et ondulaient si vigoureusement qu'elle passa près de l'échapper. Elle recula encore une fois la tête et tourna son visage vers son épaule pour éviter les dents acérées de la bête. Elle eut la vague envie de le laissé aller, mais sentant de nouveau la force brute de l'animal ce n'était pas une option. La seule chose qu'elle pouvait faire était de continuer à tenir bien serré cette fichue bestiole.

Au bout d'un moment, même en le tenant à deux mains, elle put commencer à le sentir glisser hors de sa poigne, il essayait maintenant de retourner à l'intérieur de Wilkerson. Il plongea encore et encore vers elle, en sifflant furieusement. Tôt ou tard, sa tactique allait fonctionner si elle ne faisait pas quelque chose ou si elle n'obtenait pas rapidement de l'aide.

Mais l'aide ne vint pas....

Elle resserra sa prise avec sa main droite, sachant que sa gauche n'était nullement assez forte pour contenir la créature, et laissa allé la gauche. Sa joue se pressa contre son épaule quand la bête plongea une fois de plus vers elle. Elle s'appuya ensuite sur Wilkerson, et posa sa main libre dans le dos d'O'Neill et le poussa de toutes ses forces pour tenter de mettre encore une certaine distance en eux. Le poids mort qu'il était bougea à peine. Sentant la colère et un flux d'adrénaline l'envahir, elle le poussa de nouveau et cette fois, il bougea d'une dizaine de centimètres avant de se retourner à plat ventre. La chose sembla deviner qu'il se passait quelque chose car elle se mit à se tordre encore plus frénétiquement en sifflant et en plongeant vers elle tel un oiseau de proie. Il réussit à planter ses dents aiguisées dans son épaule et elle sentit le sang imbiber son chemisier. Une douleur lancinante lui traversa le bras. Janet l'échappa et le vit filer vers Wilkerson.

Elle plongea vers lui et au dernier moment et réussit à l'attraper de ses deux mains. Les ailerons lui avaient entaillé la paume des mains et la douleur de son épaule brûlait comme si on l'avait marqué au fer rouge. Son bras commençait à s'engourdir et le sang qui coulait de ses blessures aux mains lui rendait la tâche encore plus difficile.

Dans le pire des cas, elle avait une bien meilleure chance contre le corps déjà passablement meurtrie du lieutenant que contre O'Neill.

Un bruit lui fit lever la tête juste à temps pour voir le visage effrayé du barman apparaître au coin du bar. Ses yeux s'écarquillèrent de terreur. Il avait dû se cacher quand la bagarre avait éclaté et devait être resté là tout du long.

"Aidez-moi!"

Il la regarda, puis regarda la chose qui sifflait et luttait violemment entre ses mains. Il secoua la tête en marmonnant et en reculant. "Ce n'est pas réel... ça ne peut pas être réel... rien de tout cela n'est réel."

"AIDEZ-MOI!" Cria Janet, essayant de mettre fin à la vague de panique dont l'homme était victime, mais il continua à secouer la tête et à s'éloigner. Puis il se leva et courut vers la porte avant de disparaître derrière la porte.

"Non." Grogna-t-elle en luttant pour garder son sang froid et en priant pour que quelqu'un vienne enfin à son aide. "À L'AIDE!! QUELQU'UN!!! AIDEZ-MOI!!" Elle se tut quand un faible gémissement vint à ses oreilles et tordit le cou pour voir d'où il venait. Un faible soubresaut d'une des jambes de Carter redonna espoir au docteur. "CARTER! RÉVEILLEZ-VOUS!" S'écria Janet avant de lâcher quelques jurons quand le Goa'uld entreprit un autre violent round de sifflement et d'ondulation qui lui laissa plusieurs nouvelles coupures dans la paume des mains. "SAM!!! SVP!!"

Un autre gémissement puis Carter se mit à bouger gracieusement en se soulevant sur un coude et en clignant des yeux. Tout à fait stupéfaite, encore un peu dans les vapes, elle ne savait plus très bien ce qui s'était passé. Les cris de Fraiser l'avaient tiré de l'inconscience, mais elle était encore un peu sonnée.

"SAM!!" Janet entendit la panique contenue dans sa propre voix. Il lui fallait de l'aide. Il lui fallait de l'aide tout de suite.

La tête du capitaine se tourna dans sa direction et une paire de yeux bleus contempla enfin la terrifiante scène. "Seigneur Dieu." Haleta Sam, en se poussant sur ses pieds instables. Chaque centimètre carré de son corps brûlait d'une douleur sourde et elle pouvait à peine voir clair, mais elle s'efforça de bouger. De toute évidence Fraiser ne pourrait pas contenir la chose encore bien longtemps. Elle avança, vacilla, avança encore, trébucha et s'affala de tout son long à côté du Docteur.

Janet évita une autre attaque de la créature puis cria lorsque la chose lui mordit le bras, mais cette fois Carter était là, la pression du corps de la blonde contre son dos était étrangement réconfortant, le capitaine frappa la chose qui recula en sifflant. Alors sa main se referma sur celle de Janet, assurant sa prise.

"Que s'est-il passé?" Haleta Sam, en grimaçant quand les dents de la créature s'enfoncèrent contre toute attente dans son avant bras. "Arrrrgghhh..."

"Il essayait d'entrer dans O'Neill." Éructa Janet en guise d'explication. "Je l'ai attrapé avant qu'il ne puisse y arriver, mais je n'ai pas pu l'empêcher de rester hors de Wilkerson." En fait, la créature avait réussi de nouveau à se glisser de quelques pouces à l'intérieur du malheureux lieutenant. Elle n'était pas certaine qu'il soit encore vivant, considérant les dommages que la créature avait fait en sortant à la base de sa nuque, mais s'il y avait une seule petite chance pour le jeune homme, elle devait essayer.

"Je peux lui régler son compte." Grogna Carter en réussissant à glisser sa main libre dans l'une de ses poches. Elle en ressortit un petit coutelas affilé comme une lame de rasoir. Ça ne tuerait pas un humain d'un seul coup, mais ça découperait la chair d'un Goa'uld.

"Non!" S'écria Janet quand elle vit le couteau et réalisa ce que l'autre femme avait en tête. "Dieu seul sait quel genre de contamination bactérienne nous pourrions déclencher si vous faites cela."

Haletant quand la queue de la chose lui fouetta l'avant-bras, Sam resserra sa prise, et sentit le docteur se raidir sous elle. "Alors on fait quoi?"

Après une brève pause, Fraiser lança quelques imprécations à voix basse. Pas beaucoup de temps et encore moins d'options. Il n'y avait aucune chance qu'elles puissent contenir cette chose assez longtemps pour assurer son transport ou même essayer de la conduire au SGC. "Il y a un medkit dans ma voiture... Toyota Celica bleue garée devant. Il y a un scalpel."

"Mais vous avez dit de ne pas le couper en morceaux..." Chuchota Sam confuse.

"Je ne vais pas le découper. Je vais le détacher." Dit le docteur avec aplomb. Ce n'était peut-être pas possible, mais il était hors de question de tirer sur la chose d'un coup sec pour la libérer, c'était la seule chance qu'elle avait. Au pire, elle allait tuer Wilkerson ; au mieux, elle pourrait simplement le laisser paraplégique, mais c'était la seule option qu'elle pouvait envisager.

"Ils ont essayé ça avec Kawalsky" Lui rappela Sam. "Et ça n'a pas fonctionné."

"Ce Goa'uld était complètement immergé en Kawalsky. J'espère que puisque celui-ci a libéré son emprise sur le cerveau de Wilkerson, nous pourrons le dégager." C'était un mince espoir, mais c'était le seul. "Maintenant, allez... J'ai besoin de ce kit. Je vais le contenir pendant ce temps." Ajouta-t-elle désespérément quand Carter n'avait toujours pas bougé.

Lâchant quelques jurons à voix basse, Sam commença à faire ce que Fraiser lui avait demandé, mais elle se figea sur place quand une table jeté de côté derrière elles, alla soudainement se briser quelques mètres plus loin. C'était Teal'c. Le Jaffa se remit rapidement sur ses pieds, les coupures et les contusions sur son visage et sur son torse étaient déjà refermées et commençaient à guérir.

"Teal'c!" S'écria Sam quand elle le vit se relever, ses mouvements étaient étonnamment gracieux pour quelqu'un qui avait été sans connaissance sous une pile de tables seulement quelques instants auparavant. Apparemment, il y avait quelques avantages à porter un symbiote Goa'uld. "Il y a un med-kit dans la voiture de Fraiser. C'est la bleue stationné juste devant."

"Il est derrière le siège du conducteur!" La coupa Fraiser.

"Je n'ai pas la clef." Dit le Jaffa un peu confus.

"Brisez la satanée fenêtre." Grogna Janet, s'en foutant éperdument à ce point. La queue du Goa'uld passa près de lui fouetter le visage et elle se recula encore plus contre le corps de Carter pour l'éviter. "J'ai été claire ?" Ajouta-t-elle en un souffle. "Espérons que je serais encore vivante pour faire une réclamation quand tout sera fini."

Après un bref signe d'assentiment, Teal'c se dépêcha d'aller dehors.

"Qu'est ce que vous voulez que je fasse une fois que vous allez commencer?" Questionna Sam, bandant ses muscles comme elle secouait la chose, espérant pouvoir leur acheter un peu plus de temps. Peu importe ce qui allait ce produire, cela était susceptible de ne pas être beau et Fraiser devait savoir qu'elle était prête à l'aider d'une manière ou d'une autre.

Janet avala avec difficulté, repensant à tout ce qu'elle avait lu ici et là, et mit son plan en marche. "Je vais faire une incision et voir ce qui se produit. Il est possible que Wilkerson reprenne conscience, mais je ne crois pas, mais si c'est le cas, vous devrez le maintenir. Il est également possible que le Goa'uld puisse commencer à s'enrouler autour de sa colonne vertébrale... s'il fait cela...." S'il faisait ça, elle ne savait pas trop ce qu'elle devrait faire. Merde, se dit-elle avant de reprendre. "Essayez seulement de retenir cette saloperie avec vos mains si possible."

"OK." Exhala Sam, jetant un oeil par dessus l'épaule de Fraiser en tentant d'obtenir une meilleure vue d'ensemble, en dépit de son estomac qui se serra à la vue de la chair meurtrie et déchirée, elle se demanda comment exactement elle était censée retenir cette chose. "Je ferai ce que je peux." Ajouta-t-elle un peu hésitante.

Fraiser hocha la tête, et elle se concentra sur le Goa'uld. Il s'affaiblissait maintenant, luttant de façon plus spasmodique, bougeant moins vivement comme s'il se reposait. Soit il était fatigué de lutter, soit être à l'extérieur commençait à l'affecter.

Teal'c réapparut en quelques secondes, ses jointures meurtries d'avoir casser la fenêtre de la voiture. Il s'accroupit près des deux femmes et ouvrit le medikit. "Que voulez-vous que je fasse?"

Janet jeta un coup d'oeil vers le haut et libéra soigneusement sa main droite, laissant sa main gauche sous celle de Sam qui enserrait toujours aussi fortement. "Il y a un scalpel là-dedans. J'ai besoin que vous ouvriez le scellé sans toucher la lame et que vous me le tendiez. Je le prendrai... et vous allez ouvrir quelques paquets de gaze et les mettre sur le dessus... essayez de ne pas les contaminer si vous pouvez." Ce n'était pas exactement une situation où la stérilisation était d'une importance capitale -- elle ne pouvait pas même risquer de mettre des gants, mais elle faisait du mieux qu'elle pouvait. "Appelez SGC. Si je peux faire ceci, nous allons devoir le déplacer à l'hôpital de la base le plus rapidement possible." Elle jeta un autre regard rapide aux alentours.

"Puis voyez si vous ne pouvez pas faire quelque chose pour aider les autres."

Il inclina la tête, exécutant rapidement ce qu'elle lui avait demandé, en prenant un moment pour pousser O'Neill un peu plus loin et vérifiez son pouls.

"Sam," Fraiser resserra sa prise sur le Goa'uld qui se tortillant. Il s'affaiblissait. "Pouvez-vous utiliser votre main libre pour vérifier son pouls?" Lâcha-t-elle.

Sam inséra une main sous Wilkerson, pressa ses doigts contre sa gorge, et fut étonné de sentir aussitôt les battements de son coeur. "Faible, mais il a un pouls." Elle se raidit lorsqu'elle vit une ondulation juste au-dessus de ses vertèbres et réalisa ce qui se passait. Elle s'enfonça encore un peu plus dans la nuque de Wilkerson.

Soupirant lourdement, Janet inclina la tête. Plus de temps à perdre. "Il faut bouger." Elle décala sa main du mieux qu'elle le put pour obtenir une meilleure prise de sa main gauche. La queue de la chose fouetta l'air violemment, prête à attaquer une fois de plus, mais Sam la cloua sur place, sa fureur redoubla. Se tenant toujours à leur côté Teal'c tendit le scalpel et Fraiser le prit en voyant le serpent s'enfoncer encore un peu plus en Wilkerson. Elle se souleva autant qu'elle le put. "Tenez-vous prêt." Puis elle commença à inciser de sa main droite tout en tenant toujours la créature de sa gauche.

Elle récita quelques prières mentales tandis qu'elle découpait la chair, incroyablement consciente du fait qu'elle tentait une sacrée manoeuvre, mais elle savait que c'était la seule chance de Wilkerson. Le sang jaillit autour de la lame, lui rendant la tâche plus difficile encore puisque maintenant, elle ne voyait plus bien ce qu'elle faisait. Elle incisa de quelques centimètres sans incident, sa main étonnamment sûr et exempte de tremblement dans les circonstances tandis qu'elle voyait la créature se tortiller sous la peau de l'homme.

Le Goa'uld comprit ce qu'elle était en train de faire et se tordit dans sa main et s'accrocha davantage à la colonne vertébrale de Wilkerson. "Essayez de le maintenir en place. Je peux le tenir toute seule, déplacer vos mains!" Ordonna-t-elle à Carter et le capitaine glissa sa main sous son coude en descendant une de ses mains sur le corps du Goa'uld. Malheureusement, la chose s'enfonça un peu plus, forçant Janet à inciser plus rapidement. Pas le temps de glander. Maugréant, elle laissa descendre la lame du scalpel le long du dos du jeune homme, jusqu'à ce qu'elle découvre la tête de la bête. Dieu seul savait tous les dommages qu'elle venait de causer.

La créature cracha et plongea vers elle, mais elle tirait déjà sur la bête pour libérer les vertèbres où elle était accrochée, une nouvelle fois surprise par la puissance de la chose. De ce qu'elle savait, les Goa'ulds s'enroulaient autour de la colonne de l'hôte, mais celui-là n'avait réussi qu'à faire un seul tour...

"Dites-moi ce que vous voulez que je fasse." Dit rapidement le capitaine.

"Faites une pression." Chuchota Janet. "Je vais le retirer de là." Elle se demanda combien de dommage au système nerveux elle allait encore causer.

Et alors elle le sentit se déplacer légèrement.

La chose hurla en se tordant et en se raidissant, sachant que son existence dépendait de sa réussite à reprendre le contrôle de Wilkerson. Il voulut s'enfoncer encore un peu. Pendant ce temps, Teal'c revenait en aidant Daniel à marcher, O'Neill gémit en s'asseyant puis laissa échapper un petit cri aigu quand il réalisa ce qui se passait.

Et puis soudainement, la créature fut libre... sa queue fouetta l'air avec extravagance tandis qu'elle sifflait rageusement en balançant sa tête dans tous les sens, ouvrant et refermant la gueule en tentant de les mordre. Janet lâcha prise et retomba sur Carter pendant que cette dernière jetait le Goa'uld très loin d'elles. Dans les circonstances c'était la seule chose à faire.

Il toucha le sol et se dressa dans les airs en lâchant un cri strident avant de commencer à glisser vers eux. Il n'avait parcouru que quelques mètres quand la lourde base en acier d'une table le fit disparaître... plusieurs fois. Tant pis pour le risque de contamination.

"Uh... Teal'c, je pense qu'il est mort maintenant." Indiqua O'Neill au bout d'un moment. "Pour ne pas dire aussi plat qu'une crêpe. En fait, ça me ferait un super signet..." Il sourit d'un air affligé, amusé par sa propre plaisanterie.

Maugréant à voix basse, Janet l'ignora superbement, déjà concentrée à faire ce qu'elle pouvait pour arrêter le sang qui coulait de l'incision du dos de Wilkerson. Elle aurait préféré prendre la chose vivante et aurait certainement préféré ne pas risquer quelque contamination que ce soit, mais de toute évidence cela n'allait pas se produire. "Où sont ces foutus renforts? On doit le transporter de toute urgence à la base" Dit-elle sévèrement. Ce serait une aberration si, après tout ce qui s'était produit, Wilkerson mourrait d'une hémorragie.

"Ils seront bientôt ici." Chuchota Sam. Elle se raidit un peu quand le docteur attrapa sa main et la guida pour la déposer sur les gazes qui recouvraient la plaie béante de Wilkerson.

"Maintenez une pression constante." Lui ordonna-t-elle et Carter s'exécuta.

"Est-ce qu'on peut faire quelque chose pour aider?" Interrogea O'Neill en se remettant sur ses pieds.

Fraiser hocha la tête.

O'Neill se laissa tomber à genoux près de Fraiser, essayant de ne pas trop regarder le sang et de ne pas trop penser à la chose que Teal'c venait de tuer. "Doc." Dit-il doucement contre ses oreilles pour qu'elle seule entende, bien qu'il sache que Carter entendrait malgré tout. Pendant un moment, son masque d'invulnérabilité tomba, et sa voix devint profonde en se rappelant l'horreur. "Ils pensaient avoir réussi à retirer celui de Kawalsky, mais il était toujours dans là... en dedans...." Il laissa sa phrase en suspend, ainsi que la question implicite qu'elle contenait entre les lignes.

Elle déglutit avec difficulté, sans toutefois perdre sa concentration, et inclina la tête. Elle avait lu les rapports de Warner concernant la chirurgie et les conséquences qui s'en étaient suivi, elle avait lu aussi le compte rendu complet de ce qui s'était produit. Elle jeta un coup d'oeil vers le colonel et ils échangèrent un regard inquiet. "Je sais." Admit-elle. "Mais ce Goa'uld avait libéré Wilkerson avant que je ne l'enlève... j'espère que cela fera une différence." Elle essaya d'avoir l'air optimiste mais elle avait quand même certains doutes. "Sinon... nous trouverons autre chose..."

O'Neill sembla sur le point de dire quelque chose mais changea d'avis. Un muscle palpita dans sa mâchoire. "Ouais." Exhala-t-il enfin. Ses yeux se baissèrent vers la nuque de Wilkerson, puis revinrent vers elle, son visage et ses yeux exprimèrent un profond respect. "Peu importe ce qui c'est passé ici, vous avez fait un sacrée boulot. Je vous dois une bière."

"La brasserie au complet, monsieur." Le corrigea tranquillement Carter. "Étant donné qu'elle vous a également sauvé la vie."

O'Neill fronça les sourcils confus. "Huh?" C'était une nouvelle pour lui.

"Le Goa'uld voulait quitter Wilkerson en faveur d'un nouvel hôte... vous." Sachant fort bien que son supérieur avait gardé quelques ressentiments envers le docteur, Sam poursuivit. "Vous étiez inconscient. Elle l'a attrapé avant qu'il puisse y arriver."

Il pâlit encore un peu, un frisson d'horreur le laissa légèrement nauséeux et passablement ébranlé. Il tourna la tête vers le docteur et se pencha vers elle. "Une brasserie entière, Doc.."

Elle haussa les épaules en souriant.

"Je crois que l'équipe de secours est arrivée." Les avisa Teal'c qui venait de terminer de faire le tour des marines qui pour la plupart commençaient à reprendre conscience.

Quelques instants plus tard, des hommes lourdement armés et en tenue de décontamination firent leur entrée dans le bâtiment, mettant en joue leurs propres camarades et prenant le contrôle de la situation. Avec un ennemi comme les Goa'ulds, ils ne pouvaient pas se permettre de faire confiance à qui que ce soit jusqu'à ce qu'ils sachent exactement ce qui s'était passé.

Les mains levées, Janet s'éloigna de son patient, et fit un geste de la tête vers lui. "Cet homme doit être transporté de toute urgence à la base. J'ai retiré un Goa'uld de son dos... mais je ne sais pas à quel point cela a réussi ou à quel point j'ai fait des dommages." Elle secoua la tête sans ressource, prenant conscience de tout ce qu'elle avait fait. "Il a besoin de soins et qu'une équipe médicale évalue son état." Elle faillit ajouter un addenda -'s'il survit' - mais elle s'abstint. Elle jeta un regard là où Teal'c avait aplati le Goa'uld. "Il y a aussi un contaminant biologique." Ses prunelles noires regardèrent vers Teal'c avant de revenir de nouveau sur le soldat en charge. "Une équipe de nettoyage devra être appelée sur les lieux pour s'occuper de ça."

"Oui, Madame." Lança-t-il alors en donnant des ordres aux membres de son équipe.

Janet sentit la morsure froide du métal contre sa peau tandis qu'on lui passait les menottes. Ils ne prenaient aucune risque. Une main saisit l'arrière de son collet tandis que l'autre pointait un MP5 au milieu de son dos. Il la pressa vers l'endroit où étaient tous les autres qu'ils traitaient comme elle. Janet jeta un dernier regard vers Wilkerson. Une équipe médicale se dépêchait à présent de le préparer pour le transport. À mi-chemin, son regard se fixa dans celui de Carter.

"S'il a une chance, c'est vous qui lui aurez donné." Dit lentement la blonde.

"S'il a une seule petite chance..." Soupira Janet tandis qu'on la faisait monter dans un camion. Elle secoua tristement la tête, et s'appuya contre le panneau du camion. Elle réalisa à cet instant à quel point elle était exténuée aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Le sang coagulait déjà là où la créature était parvenue à la mordre, mais ce n'était pas ces blessures là qu'elle redoutait, elle se demandait plutôt s'il lui resterait des séquelles psychologiques.

"Mais c'est beaucoup." Précisa Sam, concevant parfaitement l'état d'âme de l'autre femme en ce moment. Elle n'était pas sur le projet depuis si longtemps, mais elle avait déjà été confrontée à trop de situations comme celle là, où elle avait dû prendre des décisions bonnes ou mauvaises. "Et s'il n'en tenait pas à vous, cette chose aurait probablement prit possession du colonel et nous serions tous morts à l'heure qu'il est."

Janet leva les yeux pour rencontrer le regard compréhensif de Sam, surprise de constater à quel point cela apaisa le noeud qui s'était formé dans son estomac. "Merci." Soupira-t-elle, ce qui soutira un petit sourire à Carter.

"C'est seulement la vérité." Répondit la blonde tranquillement. "Et quand vous y repenserez vous verrez probablement les choses comme moi." Ajouta-t-elle. Elle savait trop bien comment la culpabilité vous rongeait quand les miracles ne s'accomplissaient qu'à moitié.

Janet appuya sa tête contre la paroi du camion en fermant les yeux, espérant contre toute attente que l'autre femme disait vrai. Puis le bruyant camion de l'armée se mit en route vers la base mettant fin à toute discussion.

* * * * * * * * *

Douze Heures Plus tard.

Douchée, ses blessures tout juste nettoyées et pansées, Sam Carter s'arrêta un moment dans l'embrasure de la porte quand elle trouva Janet Fraiser dans la salle d'observation au-dessus de la chambre d'isolement numéro trois. Étonnamment, Wilkerson était encore en vie et en garde rapprochée dans cette chambre. Une équipe complète, la meilleure, s'occupait de lui. Le docteur avait fait traiter ses blessures, mais l'état de Wilkerson la préoccupait beaucoup plus de son propre état.

Les heures qui avaient suivi l'incident avaient étéépuisantes pour tous ceux qui avaient été impliqué. Les officiers et autres personnes qui s'étaient trouvés dans le bar,avaient été soumis à un contrôle exhaustif pour s'assurer qu'ils ne constituaient aucunes menaces et qu'aucuns Goa'uld ne les avaient contaminés. Puis certains d'entre eux avaient dû assister à une courte séance de débriefing avec le Général Hammond. Le Goa'uld avait réussit à investir la base par l'intermédiaire de l'équipe qui était revenu de Z3R-567, un monde où les habitants étaient pour la plupart de simples fermiers. Deux membres de l'équipe avaient été blessés dans un effondrement de rochers et on les avait directement acheminé à l'infirmerie. Dans la confusion, un des hommes -- un capitaine du nom de Haskins - s'était introduit dans l'infirmerie sans que les soldats qui gardait cette dernière de s'en aperçoivent. Ils avaient retrouvé son cadavre dans l'une des penderies d'un cabinet de storage, la blessure qu'il avait à la nuque ne laissait aucun doute qu'il avait transporté un Goa'uld. Quand ils se repassèrent les bandes de sécurité, ils n'eurent plus aucun doute quand ils virent le Goa'uld s'emparer de Wilkerson.

Les survivants avaient rapidement raconté leur version des faits avant de retourner à leurs diverses fonctions ; le docteur était de retour à l'infirmerie pour veiller sur son patient, tandis que SG-1 et les soldats de la marine s'assuraient que la base était sécurisée et que le Goa'uld ne leur avait pas laissé de mauvaise surprise.

Sam étira ses muscles fatigués en observant en silence l'autre femme. Elle hésitait à imposer sa présence car de toute évidence, cette dernière, très concentrée, examinait quelque chose. Sa tête penchée au-dessus d'une chemise de laboratoire, elle étudiait une panoplie de résultats en levant les yeux pour observer le jeune homme dans la salle juste au dessous. Elle avait trouvé le temps de prendre une douche et avait troqué ses vêtements de civils contre son uniforme. Un renflement de son chemisier au niveau de son épaule prouvait qu'elle portait un bandage. Ses mains et son avant-bras gauche portaient également des bandages, mais Sam était plus que certaine que Fraiser n'avait pas laissé Wilkerson depuis qu'elle avait été libérée de la salle de débriefing. Finalement elle fit un pas en avant quand le docteur referma le dossier et le déposa un peu plus loin. "Hé."

Fraiser leva les yeux, un sourire radieux se dessina sur son visage quand elle aperçut Sam, bien qu'une petite lueur inquiète dansa un instant dans son regard. Elle était bien consciente du fait que le Goa'uld avait eu accès à la majeure partie de la base, c'est pourquoi les équipes avaient fouillé la base de fond en comble. "Hé...." Son regard chocolat prit note du fait que les cheveux de Carter étaient encore humides. Elle avait de toute évidence prit une douche, elle vit aussi que ses plaies avaient été traitées. Elle eut de la difficulté à croire que le capitaine aurait pris le temps de faire tout ça si les choses n'avaient pas été sous contrôle. "Je suppose que tout va bien?" Dit-elle.

Sam hocha la tête. "Nous avons vérifié tout ce à quoi nous avons pensé... et tout semble en ordre." Elle s'avança. "La sécurité est parvenue à déterminer les positions de Haskins et de Wilkerson sur les bandes vidéo des caméras de sécurité presque tout le temps qu'ils ont été présents... et ils ne pensent pas que ni l'un ni l'autre n'ont eut la chance de saboter quoi que ce soit." En dépit de la nature optimiste de ces paroles, Carter, tout comme Fraiser, semblaient tout de même encore inquiètes. "Teal'c pense que c'était probablement un Goa'uld de basse caste, un traître... apparemment les seigneurs Goa'ulds avaient découvert un traître sur Z3R-567 dernièrement. Ils pensaient qu'il s'était enfui, mais il semblerait qu'il s'était plutôt caché parmi le peuple local... il a pris Haskins dans l'espoir de s'échapper en venant ici. Pensant probablement que nous étions moins primitifs mais qu'il lui serait quand même facile de nous dominer. Avant qu'Haskins puisse le réaliser, il était trop tard." Elle haussa les épaules. "Teal'c croit que c'est pour cette raison qu'il n'avait ni plan ni armes... Il nous a simplement attaqué. Peut-être a-t-il compris que nous en savions beaucoup plus sur lui et a-t-il réalisé que son seul salut était de tous nous tuer."

Fraiser laissa échapper un long soupir et secoua la tête. "Je me demande si je dois être soulagée ou inquiète." Chuchota-t-elle de façon presque inaudible. Sam savait comment elle se sentait. Les attaques aléatoiree par les Goa'ulds sur les mondes amicales étaient presque plus menaçants qu'un Jaffa armé jusqu'au dents. Cela signifiait qu'ils ne pourraient jamais se fier à rien, même si cela semblait inoffensif. Après un moment, Janet leva de nouveau les yeux "Comment vous sentez-vous?"

Sam haussa les épaules et sourit un peu tandis que ses muscles endoloris protestaient un peu. "Je me suis déjà sentie mieux, mais je me suis déjà sentie plus mal." Murmura-t-elle. Elle fit un geste vers le petit pansement sur son front à la base de son cuir chevelu. "La colle chirurgicale pique."

"Je déteste cette substance." Sympathisa Janet. "Pas de vertige ou de problème de vision?"

Un petit sourire recourba la bouche de Carter. Le médecin qui l'avait soignée lui avait déjà posé toutes ces questions avant de vérifier ses réflexes, mais c'était évident que Fraiser n'était pas le genre à faire confiance à qui que ce soit quand il s'agissait des personnes qu'elle prenait en charge. "Nah, un léger mal de tête, mais c'est tout. Aucun signe de commotion selon le docteur."

"Vous avez eu de la chance... avec le coup que vous avez reçu..."

"J'ai la tête dure..." Elle leva les yeux au plafond pendant qu'elle considérait ses propres paroles. "Enfin c'est ce que tout le monde disait de moi quand j'étais petite." Plaisanta Sam pour soulager une partie de sa propre tension émotionnelle - ça avait été une journée infernale.

Fraiser rit doucement. "Je n'en doute pas un instant."

Carter inclina la tête sur le côté et observa le docteur, sachant qu'elle aussi avait pris son lot de coups. "Comment allez-vous?"

"J'ai aussi la tête dure apparemment." Dit Janet d'une voix traînante, avant de regarder de nouveau vers son patient, ses yeux effleurèrent chacun des moniteurs et elle emmagasina machinalement les résultats dans sa tête.

"Comment va-t-il?" Demanda Sam en allant se poster au côté du docteur. Elle appuya une hanche contre le comptoir qui était fixé le long de la baie vitrée. Les médecins et les infirmières étaient occupés avec Wilkerson dans salle d'isolement en contrebas. On l'avait installé sur un lit spécialement conçu pour les traumatismes dorsaux. Sam ne put s'empêcher de se demander si c'était le même lit qu'ils avaient utilisé pour Kawalsky. Elle nota que ses poignets étaient bien en place dans les contentions fixées à l'armature.

Fraiser haussa les épaules, observant ce qui se passait autour du jeune lieutenant. "Il est encore vivant... ce qui est plus que j'avais espéré... et les tests préliminaires ne sont pas si mauvais. Il n'y a aucun signe du Goa'uld... mais après ce qui s'est passé avec Kawalsky, nous prenons toutes les précautions nécessaires pour en être bien certains." Bien qu'elle se demanda si tous les tests même les plus complexes pouvaient être suffisamment efficaces.

Une ride inquiète se forma subrepticement sur le front de Sam. "Une idée de combien de temps cela va prendre?" Demanda-t-elle comme si elle lisait dans l'esprit de Fraiser.

Un lent hochement de tête et un petit soupir fut tout ce que Sam obtint en guise de réponse jusqu'à ce que Janet se décide à ajouter autre chose. "Pas vraiment. Nous n'en savons pas assez au sujet de ces créatures..." Murmura-t-elle agacée. "Et nous ne tirerons pas grand chose de celui du pub."

"Salement amoché, hein?" Murmura Sam à regret. Le docteur ne devait pas être particulièrement heureuse d'avoir perdu un spécimen aussi précieux.

"Oh ouais... on pourra obtenir quelques informations de type cellulaire, mais pas beaucoup plus. Il était aussi plat qu'une crêpe." Maugréa-t-elle agacée, avant de prendre une profonde inspiration. "Quant à Wilkerson." Elle marqua une pause avant de poursuivre. "Une équipe chirurgicale a passé près de six heures à essayer de réparer les dégâts et à le stabiliser. La créature a cassé plusieurs vertèbres, mais il semble que sa moelle épinière est relativement intacte. Il y aura assurément des séquelles, mais nous n'en saurons pas plus avant un certain temps. Au mieux, il devra faire beaucoup de réadaptation pour redevenir comme avant, mais le neurochirurgien qui l'a opéré semblait optimiste..." Elle voulut lever le bras pour se masser le cou, mais une douleur intense à l'épaule arrêta son geste à mi-chemin. Elle regarda un instant sa main entourée de bandage et fit une moue dégoûtée avant de laisser ses deux bras retomber à ses côtés.

Sam jeta un regard curieux au docteur. "Un problème?" L'interrogea-t-elle.

Fraiser fit un petit geste. "Des spasmes cervicaux." Admit-elle laconiquement. "C'est à cause du stress. Normalement, je peux masser ma nuque jusqu'à ce que ça parte, mais..." Elle leva ses mains un peu sans ressource, "... à l'heure actuelle je ne peux apparemment pas atteindre cet endroit..." Et même si elle le pouvait, ses doigts étaient toujours trop endoloris pour faire assez de pression sur les nerfs et les muscles tendus de sa nuque. Aucunes de ses blessures n'étaient trop profondes, mais les éraflures lui faisaientt pour l'instant péniblement mal.

Sam nota le visage crispeé par la douleur de Fraiser et lui jeta un regard compréhensif. "C'est vraiment douloureux, hein?"

"Définitivement pas plaisant." Gémit Janet, en fermant les yeux calculant mentalement le nombre d'Advil qu'elle devrait prendre pour en venir à bout. Un nombre assez élevé tout compte fait. Maintenant elle avait le choix : endurer ses spasmes cervicales ou bien endurer la nausée que provoquerait l'ingestion de cette dose d'ibuprofène.

"J'ai le même problème." Avoua Sam qui fut parcouru d'un frisson en se rappelant la douleur que cela engendrait dans son cou et ses épaules quand ça se produisait. "Ça fait un mal de chien."

Janet hocha la tête distraitement, écoutant à demi. Le spasme devint encore plus aigu et elle leva une nouvelle fois le bras de façon instinctive mais encore une fois, elle ne réussit pas et son épaule lui envoya une autre onde de douleur. Elle vivait une vraie torture.

Sam vit l'évidente agonie du docteur. Elle y avait goûté plus d'une fois. "Je peux faire quelque chose?" Offrit-elle, incertaine.

Le docteur secoua la tête, en fermant de nouveau les yeux avant de laisser retomber son bras à son côté, concluant que cela était inutile d'essayer. "Ça va aller." Grogna-t-elle, bien que son expression contredise ses paroles.

Après une minute ou deux à se sourire mutuellement, Sam demanda tranquillement à nouveau. "Êtes-vous certaine que je ne peux rien faire pour vous aider?" Habituellement, elle n'aurait pas fait cette proposition à quelqu'un qu'elle connaissait à peine, mais elle aimait Fraiser et voir la mort de si près côte à côte développait un certain niveau d'intimité. "Je l'ai fait pour moi des tas de fois, alors je sais comment faire..." Aussi le simple fait de voir le docteur souffrir de cette manière commençait à lui donner mal au cou et aux épaules. "Juste à me dire quoi faire et je pourrai probablement arrêter ce massacre."

Un léger froncement de sourcil barra le front de Fraiser pendant un moment, elle sembla incertaine de sa réponse puis la douleur revint en force. Elle fit un petit geste de sa main droite vers le côté de son cou. "C'est totalement noué." Admit-elle. "Mais c'est pire du côté droit."

Carter se plaça derrière la petite femme, son contact s'adoucit automatiquement quand une minuscule plainte résonna à ses oreilles et que les épaules de Fraiser se raidirent sous ses mains. Procédant très soigneusement, elle utilisa ses pouces pour longer les tendons et les muscles sous le mince tissu du chemisier du docteur. "Vous ne plaisantiez pas." Dit-elle. "C'est comme si quelqu'un avait déversé du ciment à durcissement rapide là dedans."

"C'est un de ces jours." Gémit Janet en grimaçant quand Sam effectua une pression supplémentaire. "Et probablement pas le dernier que j'aurai."

Carter ne pu se contenir et rit doucement. "Probablement pas." Répondit-elle. Le SGC n'était pas le genre d'endroit tranquille et non stressant. Elle continua à la masser lentement. "Mais il y a quelques bonnes nouvelles." Ajouta-t-elle pour distraire l'autre femme.

"Ow," Aboya Janet quand Sam toucha un point particulièrement sensible. "De bonnes nouvelles?" Répéta-t-elle suspicieuse.

"Mmhm." Confirma Sam, ses doigts tracèrent lentement de petits cercles. "Après un départ plutôt précaire, aujourd'hui, vous êtes probablement devenue la personne que le colonel O'Neill aime le plus au monde."

Fraiser se pencha vers l'avant en s'appuyant contre le comptoir et se cambra un peu tandis que la douleur descendait dans ses épaules et le long de son dos, c'était le signe qui assurait que la douleur allait disparaître dans un proche avenir. "Je suis une sacrée veinarde." Ronchonna-t-elle. "Il l'oubliera au moment où je lui enfoncerais une aiguille quelque part."

Sam rit malgré elle, affermissant la pression de ses pouces quand elle sentit les muscles maintenant chauds se détendre un peu. "Il n'est pas si casse pieds." Rétorqua-t-elle. "Mais ne lui dites pas que j'ai dit ça."

Ce qui lui valut un petit rire. "Ne vous inquiétez pas. Votre secret est en sécurité avec moi."

Un moment apaisant de silence suivi tandis que Sam continuait de masser le docteur. "J'ai lu votre proposition concernant le nouvel aménagement que vous voulez faire à l'infirmerie." Dit-elle doucement sur le ton de la conversation simplement pour avoir quelque chose à dire. "Il y a quelques bonnes idées." Elle avait été impressionnée par les suggestions qu'avait faites le docteur. En vérité, ses propositions étaient de beaucoup meilleures que celles qu'avait préparées un groupe d'experts en la matière.Fraiser était non seulement consciente des besoins en sécurité, mais également du confort des patients et de la protection du service contre n'importe quel sorte de contamination. "Une idée du temps qu'ils mettront à mettre tout ça en place?" Demanda Sam en sentant la tension quitter le muscle sous ses doigts.

"L'équipe d'ingénieurs pense que tout pourra être en service et complètement opérationnel d'ici quelques semaines." Répondit Janet. "Alors d'ici là, nous devrons rester sur un pied d'alerte." Elle ne semblait pas particulièrement emballée par cette perspective concernant la sécurité.

"Bien, ça pourrait être encore pire... Le Général Hammond aurait pu détacher un contingent de marins pour garder l'infirmerie." La taquina-t-elle avant de faire glisser son pouce le long d'un ligament aussi tendu que la corde d'un arc. Elle sentit ce dernier se détendre d'un coup comme s'il avait lâché...

"Ne plaisantez pas même au sujet des marines... et je pense que vous avez réussi." Gémit Janet, laissant sa tête se pencher vers l'avant tandis que la douleur disparaissait doucement laissant ses muscles et ses tendons totalement détendus. Elle tourna la tête dans les deux sens. Carter continua à masser son cou et ses épaules, glissant ses doigts le long de ses muscles pendant qu'ils s'amollissaient jusqu'à ce que finalement Janet s'écarte. Le docteur se retourna et leva les yeux vers la blonde avec un sourire reconnaissant. "Je vous remercie... vous êtes mon sauveur." Elle croisa les bras sur sa poitrine et s'appuya contre le comptoir derrière elle. Deux sourcils roux se soulevèrent et elle la regarda un moment avant de parler. "Ainsi, vous êtes descendu ici juste pour me voir et masser mes épaules?" Demanda-t-elle avec impertinence. "Pas que je me plaigne, vous comprenez. Ou y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous?"

"À vrai dire, je voulais savoir comment se portait Wilkerson." Dit Sam tandis qu'elle jetait un coup d'oeil par dessus l'épaule du docteur. Après tout, elle l'avait aidé à sauver l'homme. Son regard revint sur le docteur. "Et voir comment vous vous en sortiez." Elle se rappelait la première fois où elle avait vraiment prit conscience de ce à quoi ils avaient affaire. Cela lui avait valu quelques nuits blanches. "Et puisque je sais tout ce que je voulais savoir sur Wilkerson...." Elle laissa sa phrase en suspend, impliquant qu'il était temps pour le docteur de parler d'elle-même.

"Je vais bien... vraiment." L'assura Janet, bien qu'elle ne paraisse pas aussi certaine de ça qu'elle n'aurait voulu le laisser croire.

Un sourcil blond se souleva avec suspicion. "Hormis le sac de noeuds dans votre cou, votre dos, et vos épaules?" Interrogea Carter qui avait des doutes.

Janet ne pu contenir un petit rire. "Hormis ça." Murmura-t-elle un peu sur la défensive.

"Est-ce que quelqu'un vous a déjà dit que vous étiez une bien piètre menteuse?" Releva Sam poliment. Fraiser devait d'une façon ou d'une autre être quelque peu secouée par tout ce qu'elle avait vu et le nier n'allait pas l'aider. Elle le savait par expérience.

La bouche du docteur s'entrouvrit pendant un moment et elle s'apprêta à donner une réponse évasive, mais la lueur de défi qui dansa dans les yeux de Carter lui fit refermer la bouche. "Vous voulez la vérité?" Demanda-t-elle après un moment.

"De préférence," Dit Sam.

Fraiser soupira doucement. "Chaque parcelle de mon corps me fait mal, je peux à peine plier les doigts et ma vision est un peu trouble par moment... et je suis totalement effrayée et ne pense pas réussir à dormir beaucoup de toute la semaine." Elle dévisagea Carter avec un sourire amer. "Contente maintenant?"

Elle obtint un petit rire en retour. "Pas exactement contente." Se permit Sam, "Mais soulagée que vous l'admettiez."

"Ce n'est pas drôle," Gémit Janet. "J'ai fait des pieds et des mains pour avoir ce poste et maintenant je remets en cause mon équilibre mental et ça m'effraie."

Sam considéra plusieurs réponses avant de décider ce qu'elle pouvait répondre de mieux. "Pour citer le commentaire que quelqu'un m'a fait récemment fait : c'est bien."

Fraiser s'étira et attrapa un stylo avec lequel elle se mit à jouer pour avoir quelque chose à faire de ses mains. "C'est injuste." Se plaignit-elle. "Utiliser mes propres paroles contre moi."

"Tout est juste, en amour comme à la guerre." Désapprouva Sam. "Et c'est certainement la guerre." Elle soupira avec sympathie. "Et n'avez-vous pas également mentionné être inquiète pour ceux qui n'avaient jamais peur?"

"J'ai peut-être mentionné quelque chose dans ce genre là." Admit Fraiser, sentant qu'elle était sur le point de goûter à sa propre médecine.

"Bien, vous aviez raison. Vous avez affronté un extraterrestre qui souhaitait votre destruction aujourd'hui. Si vous ressentiez autre chose que de la terreur, j'aurais en ce moment quelques doutes sur votre santé mentale. Mais vous êtes passé au travers..." Sam secoua la tête en se rappelant l'étonnante scène dont elle avait été témoin en reprenant conscience. "Et vous avez sauvé deux de vos équipiers... pas seulement eux, mais très probablement nous tous. Vous pouvez peut-être avoir quelques doutes sur votre choix de carrière, mais personne d'autre que vous n'en a. Vous pouvez faire ce job."

Janet secoua lentement la tête et se tourna vers la fenêtre pour fixer son regard sur le jeune homme dans la salle en contrebas. Avant de voir la créature émerger de Wilkerson, tout cela lui avait semblé trop académique. Elle connaissait son ennemi mais tout cela lui avait semblé irréel. Maintenant c'était très réel et il aurait fallu qu'elle soit inhumaine pour ne pas remettre en question sa capacité à effectuer son travail.

Sentant encore l'incertitude de l'autre femme, Sam tenta une autre manoeuvre. "Je crois que vous n'étiez pas la première candidate en liste pour cette position... Le Général Hammond vous a choisi plutôt que Burton ou Hawthorne en dépit des réticences qui venaient de plus haut." Le général s'était bien gardé de raconter ce fait, mais sur une base comme le SGC, il était impossible de garder quelque chose comme ça totalement secret. À condition que l'information ne soit pas classée top secret, il y avait toujours quelqu'un qui avait un ami, qui avait lui aussi un ami, qui avait entendu parler de quelque chose. Elle vit la tension s'installer dans les épaules de la petite doctoresse. Les deux hommes, Burton et Hawthorne, avaient atteint une certaine notoriété dans l'Armée de l'Air et avaient du pouvoir et des contacts politiques considérables dans le D.C. De ce qu'elle avait lu de leur travaux, ils n'avaient rien fait d'innovateur depuis au moins les dix dernières années cependant. "Pour ce que ça vaut... et de ce que j'ai vu aujourd'hui, il a fait le bon choix."

"Et mes doutes à moi?" Demanda Janet pensivement.

"Ceux là, vous êtes coincée avec." Dit Sam concrètement. Elle était passé par-là - et le vivait encore de temps à autre si elle était honnête, et ce à chaque nouveau défi que la porte leur apportait. "Comme tous le reste de nous."

"Réjouissante philosophie..." Soupira Fraiser tandis qu'elle rétorquait ce que Carter lui avait fait comme réponse un peu plus tôt.

Sam rit doucement. "Non, une philosophie pragmatique."

"Je vais devoir apprendre à surveiller mes paroles quand je suis autour de vous." Se plaignit le docteur, en grimaçant un peu.

"Nah, je suis inoffensive." Désapprouva Carter en levant les mains en guise de reddition. "Je sais seulement ce que c'est que de faire face à certaines - réalités - pour la première fois." Elle avait eut plus de temps que le docteur pour s'ajuster à cet ennemi, mais cela la terrifiait toujours quand elle y pensait trop longtemps. "C'est pourquoi j'ai cru bon de venir voir comment vous vous en sortiez."

Une expression distante sur son visage, Janet se tourna de nouveau vers son patient. "Toutes choses considérées." Commença-t-elle. "Je suis ok. Un peu ébranlée peut-être, mais je suppose que c'était à prévoir..."

"Définitivement." Affirma Sam.

Janet inspira profondément et expira lentement, sentant une partie de la tension quitter son corps, étonnée de voir à quel point cela aidait de savoir que quelqu'un, à part elle-même, avait foi en ces capacités. "Mais ça va aller." Finit-elle par dire après un moment, chassant le plus gros de ses craintes avec une combinaison de logique et de volonté. Elle allait devoir s'adapter aux choses invraisemblables. Après tout, ce n'était que le commencement.

"Oui, ça va aller." Continua Sam tranquillement.

Le docteur la regarda dans les yeux d'un air curieux. "Alors, c'est toujours comme ça?"

Carter sourit. "Aujourd'hui était un jour un peu plus spécial que les autres." Admit-elle. "Un vrai tour de montagne russe." Elle ne pouvait mentir. Elle dévisagea le docteur, se demandant comment elle prendrait cette nouvelle. Ils avaient déjà réassigné plusieurs personnes parce que, en dépit de toutes les évaluations psychiques, ces personnes n'étaient pas préparés pour faire face à tout ça.

Le docteur la gratifia d'un sourire espiègle et secoua la tête avant d'ajouter d'un ton moqueur. "J'ai toujours su que mon faible pour les montagnes russes me vaudrait des ennuis un jour."

"Ouais, nous sommes tous dans le même manège." Murmura Sam. "Une bande de maniaque accro aux sensations fortes qui ne peuvent pas obtenir leur dose autrement... mais au moins on est en bonne compagnie et on ne se retrouve pas avec de la barbe à papa partout dans les cheveux."

"C'est une façon de voir les choses." Admit Janet en souriant toujours de cet air moqueur en repensant à tout ce qui s'était passé. Elle était un peu frustrée de ne pas avoir réussie à obtenir un spécimen intact de la créature, mais l'analyse cellulaire de l'échantillon qu'ils avaient pu en tirer pourrait prendre des années. Et l'entretien qu'elle venait d'avoir avec Carter, lui avait fait grand bien. Elle leva les yeux vers la blonde et afficha un sourire radieux à la limite racoleur. "Et nous sommes effectivement en bonne compagnie." Elle n'avait pas rencontré beaucoup de gens qui comprennent sa curiosité avide au sujet de tout et de rien. Que l'autre femme soit un peu comme elle, la rendait encore plus intéressante à ses yeux.

"On remet ça quand vous voulez... après tout, il faut garder en poste le seul médecin qui m'ait jamais fait un examen médical relativement indolore." Sam jeta un coup d'oeil à sa montre. "Ceci étant dit, j'ai une réunion. Puisque SG-1 est en congé pour quelques jours, j'ai plein de choses à faire." En tant que la personne la plus érudite de toute la terre concernant le fonctionnement de la porte des étoiles, elle était très demandée chaque fois qu'elle avait un moment de libre. Sachant cela, elle avait quand même pris le temps de venir voir comment Wilkerson et comment le docteur s'en sortait.

"Merci... Je l'apprécie." Dit Janet avec sincérité.

Sam lui fit un petit clin d'oeil. "Et quand nous nous sentirons mieux toutes les deux, il faudra faire cette partie de billard."

"Cela prendra peut-être quelques jours avant que je ne sois en mesure de rejouer."

Sam sourit. "Je suis impatiente... et nous nous reverrons certainement entre temps." Elle lui prodigua un autre de ces infectieux sourire. "Après tout, les accro de montagnes russes doivent se tenir ensemble."

"Ça nous le faisons." En convint Janet en fourrant ses mains dans le fonds de ses poches et en s'appuyant sur le comptoir.

Carter lança un dernier commentaire avant de disparaître. "Je crois que nous allons définitivement faire un tour de manège vous et moi..." Le docteur regarda l'endroit où s'était tenus Carter une expression interloquée sur le visage. Elle sourit un peu car il lui était difficile d'être certaine de savoir exactement à quoi cette dernière voulait faire allusion. Elle secoua la tête désabusée, se redressa avant de presser un bouton et imprima les derniers résultats que contenait l'appareil sur lequel était branché Wilkerson. Après un moment, elle jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. "Plus question de quitter le parc d'attraction...."
Alyss
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